Benoit Zeidler né en 1957.
Bien qu’attiré depuis toujours par la lutherie, ma formation fut d’abord musicale : l’étude de la guitare et un peu de piano, l’harmonie et le contrepoint, le travail en studio, le jazz essentiellement…
L’énergie et le bien être que m’a procuré l’équilibre des tensions harmoniques dans le jeu de certains musiciens de jazz, cette énergie je la retrouve dans la précision et le contrôle du son de certains guitaristes classiques.
De cela naît une fascination pour le son. Le plaisir avide que j'éprouve à écouter ces musiciens classiques qui se consacrent entièrement à cette recherche, la subtilité qu’offre la guitare classique et l’attirance pour le bois me conduisent naturellement à laisser glisser le rabot.
Si le but n’était que de construire une guitare, je me serais arrêté depuis longtemps.
Chercher dans la construction l’idée du son que l’on a en tête, en rêver la nuit et le ressentir dans la souplesse d’une table d’harmonie, réfléchir et se poser des questions sur les mouvements de l’instrument, observer les modèles de grands maîtres tel que Torres, Santos Hernandez ou Robert Bouchet et enfin ressentir la magie d’une guitare de Antonio Marin sans plus se poser la moindre question…
Passer du temps avec des musiciens expérimentés à en parler, à s’écouter, à les écouter, là est finalement la seule raison : le musicien me fait aimer ce que je fais quand il transmet son émotion, quand il module l’instrument réalisé. L’écouter et se reconnaître, luthier et musicien, dans un même univers me donne l’envie de retourner à l’établi.
Mon but est de construire une guitare équilibrée dans les fréquences, précise et claire. Une guitare d’un bon volume et un son projeté, une large palette sonore apportant tout aussi bien de la brillance que de la douceur. Une réponse rapide, un sustain contrôlable…et surtout permettre au guitariste d’apporter sa propre tonalité. Mais comme le bon vin, c’est finalement quand on le goûte qu’il se définit…






